Fatigue et traitements : 4 techniques de sophrologie pour retrouver de l'énergie au quotidien
La fatigue liée aux traitements n'est pas une simple lassitude. C'est une fatigue qui s'installe dans les os, qui brouille les pensées, qui alourdit chaque geste. Et pourtant, certaines pratiques douces peuvent vous aider à mieux la traverser — sans forcer, sans lutter.
Ce que les traitements font à votre énergie
Chimiothérapie, radiothérapie, immunothérapie… chaque traitement agit sur les cellules cancéreuses, mais aussi sur l'ensemble du corps. La fatigue qui en découle — souvent appelée fatigue oncologique — est différente de celle que vous connaissiez avant. Elle ne part pas avec une bonne nuit de sommeil. Elle peut surgir au milieu d'une conversation, en plein repas, sans prévenir.
Ce n'est pas dans votre tête. Ce n'est pas un manque de volonté. C'est votre corps qui travaille énormément, qui se bat, qui se répare.
La sophrologie ne promet pas de faire disparaître cette fatigue. Mais elle peut vous aider à mieux la vivre, à économiser votre énergie là où elle compte vraiment, et à trouver des îlots de douceur dans votre journée.
Technique 1 — La respiration abdominale consciente
Quand l'utiliser : Au réveil, avant de se lever, ou lors d'une baisse d'énergie soudaine.
Allongée ou assise confortablement, posez une main sur votre ventre.
Inspirez lentement par le nez en gonflant le ventre comme un ballon — sans forcer les épaules. Retenez l'air un court instant. Puis expirez doucement par la bouche, en laissant le ventre se dégonfler naturellement.
Répétez ce cycle 5 à 6 fois.
Cette respiration active le système nerveux parasympathique — celui qui apaise, qui régule. En quelques minutes, vous pouvez ressentir une légère détente dans la poitrine, un relâchement des mâchoires, une sensation de présence dans votre corps.
L'objectif n'est pas de "recharger les batteries" comme on rechargerait un téléphone. C'est de rappeler doucement à votre corps qu'il peut aussi se poser.
Technique 2 — Le scan corporel simplifié
Quand l'utiliser : En milieu de journée, pour faire le point sans jugement.
Fermez les yeux. Respirez normalement.
Commencez par les pieds : qu'est-ce que vous sentez là ? Lourdeur ? Chaleur ? Rien de particulier ? Remontez lentement : chevilles, mollets, genoux, cuisses, bassin, ventre, poitrine, épaules, bras, mains, cou, visage.
Pas besoin d'analyser. Pas besoin de "corriger" quoi que ce soit. Vous observez, simplement.
Ce balayage corporel vous aide à identifier là où la tension se concentre — souvent la mâchoire, les épaules, le ventre — et à relâcher consciemment ces zones avant qu'elles ne s'épuisent davantage.
5 à 10 minutes suffisent. Vous pouvez le faire couché, sans même vous lever.
Technique 3 — La visualisation ressource
Quand l'utiliser : Avant une séance de traitement ou lors d'une période de grande fatigue émotionnelle.
Installez-vous confortablement. Fermez les yeux.
Pensez à un endroit — réel ou imaginaire — où vous vous êtes sentie bien, en sécurité, apaisée. Ce peut être une plage de votre enfance, un jardin, une pièce baignée de lumière, un coin de forêt.
Laissez cet endroit se dessiner dans votre esprit. Quelles couleurs y voyez-vous ? Quels sons entendez-vous ? Quelle est la texture de l'air sur votre peau ?
Restez-y quelques minutes, en respirant doucement.
Cet endroit est votre espace ressource. Vous pouvez y revenir à tout moment — même au milieu d'une perfusion, même dans une salle d'attente — en fermant simplement les yeux quelques secondes.
Technique 4 — La relaxation dynamique allégée
Quand l'utiliser : Lors des jours où le corps est un peu moins fatigué et où vous souhaitez vous reconnecter à lui en douceur.
Debout ou assise, commencez par secouer légèrement les mains — comme pour chasser quelques gouttes d'eau. Puis les bras, les épaules, une légère oscillation du buste si cela est confortable. Rien de brusque. Rien de forcé.
Accompagnez ce mouvement d'une expiration sonore — laissez sortir l'air avec un souffle audible, presque un soupir.
Cette technique permet de relâcher les tensions accumulées dans le corps sans effort cardiovasculaire. Elle réveille doucement le système circulatoire et peut redonner une légère sensation de légèreté — même temporaire.
Une dernière chose
Vous n'avez pas à tout pratiquer en même temps. Choisissez une technique, celle qui vous parle le plus, et essayez-la pendant quelques jours. Remarquez ce qu'elle change — ou ce qu'elle ne change pas encore.
La sophrologie, c'est une pratique qui s'installe progressivement. Et dans un parcours de traitement où tant de choses échappent à votre contrôle, ces quelques minutes à vous appartiennent entièrement.
La sophrologie ne remplace pas vos traitements — elle vous renforce, vous
Je tiens à le rappeler clairement : la sophrologie est une pratique complémentaire. Elle ne remplace aucun traitement médical, et ne prétend pas agir directement sur la tumeur. Ce qu'elle fait, c'est renforcer la personne qui traverse le traitement — vous. Votre capacité à gérer le stress, la douleur, l'anxiété. Votre qualité de vie, semaine après semaine.
Et ça, c'est loin d'être anodin.
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Sandra Pépin Sophrologue spécialisée dans l’accompagnement des personnes atteintes de cancer. Séances à domicile, en local privatif ou en visioconférence. Retrouvez-moi sur Instagram : @sophrosandra

